MACABRE ***

Publié le par videodrome

macabre 153sur5  Premier long-métrage de frères réalisateurs remarqués par Brian Yuzna, le film s'annonce comme un reboot sophistiqué de Massacre à la tronçonneuse, dépouillé de toutes références sociales. Macabre s'inscrit dans cette tradition tout en cultivant autant le glauque que l'hémoglobine, comme pour faire la synthèse des tics du survival et des audaces du torture porn.  

Pas de surprise donc : de jeunes adultes disposant d'un surplus de maturité vis-à-vis de leurs homologues occidentaux partent en virée dans la campagne. Sur la route, ils recueillent Maya, une jeune fille qu'ils accompagne chez elle. Bientôt, la mère de cette dernière, ostensiblement intéressé par le bébé que porte l'une des jeunes femmes, insiste pour leur offrir l'hospitalité. Pas de surprise là encore : les hôtes multiplient les poses d'un statisme étrange et les regards ténèbreux symptômatiques des psychopathes chics.

Pourtant, le spectacle en vaut la peine. Les Mo Brothers ont compris l'intérêt de se cantonner à un huis-clos replié sur un univers hors-norme : ils élaborent ainsi le meilleur contexte qui soit dans le domaine, puisque d'un pitsch assez basique, Macabre peut dès alors allègremment se muer en festival baroque (et barbaque) sans plus avoir à chercher de prétextes tortueux. L'essentiel, c'est que ces jeunes soient prisonniers d'une normalité irréelle ou déambulent des bourreaux sensuels aux moeurs perverses.

Très raffiné, quelquefois vulgaire, toujours grand-guignol, le film est assez proche de la vague horrifique française des années 2000 (A l'intérieur, Martyrs, Haute tension) avec cette même allégeance pour les codes d'un genre contrebalancée par une méticulosité formelle et un goût du sensationnel. Macabre ne recule devant aucun cliché ni aucune excentricité, pour proposer un de ces voyages à l'exotisme morbide qui suscite davantage une curiosité amusée et distanciée qu'une épreuve morale pour leur spectateur. Les amateurs de visions chargées et de carnages emphatiques vont aimer, quand d'autres seront rebutés par ce même culte très ''bis'' du détail esthétique parfait, opéré bien sûr au détriment d'une quelconque recherche de profondeur. 

 

Note globale : 68

 

Film indonésien

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A
<br /> <br /> je n'en attends pas moins...<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> d'après ce que je lis, ça m'a l'air très inégal mais ce film me tente bien malgré tout.<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Tentes-le, je pense qu'il te plaira. Cela dit, ça ne dépasse pas le cadre du film de genre pur, mais il y officie très bien.<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> <br /> Arf ! Je suis rassuré par ta sagacité à m'avoir démasqué en 20 minutes, vu que je n'ai rien précisé de mon identité.<br /> <br /> <br /> J'ai mieux compris "méticulosité formelle", merci d'avoir développé.<br /> <br /> <br /> Pour le blog, il m'a fallu un peu de temps pour la prise en main, mais ça commence à aller. Va juste falloir que je me concentre un peu pour les critiques, vu que les tiennes et celles des autres<br /> membres de ton ancien blog font plusieurs paragraphes. Je recycle ma prose d'allociné pour l'instant, mais ça viendra.<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Oui, j'ai vu que tu faisais des articles plus conséquents. Je te souhaite bonne chance dans cette entreprise.<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> Un petit film d'horreur bien envoyé en somme, que j'ai découvert avec ta critique sur allociné (merci au passage).<br /> En revanche, tu fais fort en le comparant avec nos productions hexagonales. Je dois même dire que j'aurais du mal à faire la comparaison avec les 3 modèles que tu cites (quoiqu'avec Martyrs, je<br /> vois à peu près). Quitte à le rapprocher d'un film français, je citerais plutôt le bourrin Frontière(s), survival hexagonal politique, qui je trouve cherche moins à être méticuleux qu'à nous en<br /> mette plein la vue à toute berzingue. Mais peut être que j'interprète mal l'expression "méticulosité formelle".<br /> En tout cas, c'est largement regardable.<br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> C'est bourrin, certes, un vrai festival de tripes en folie (toutes proportions gardées), mais il y a une vraie culture du gimmick horrifique parfait. L'atmosphère est très étudiée, les<br /> réalisateurs essaient de rendre chaque séquence marquante par des détails formels dont la présence n'est pas forcément originale, mais qui donne un rendu saisissant. Ne serait-ce que par la façon<br /> dont ils envisagent leurs personnages, très typés, mais très glamour aussi. Je ne dit pas que ce sont des orfèvres, mais ils ont apporté du soin à leur entreprise. <br /> <br /> <br /> Dans la vague française citée, il y a aussi ces stéréotypes subjugués par des manies, des costumes, des gestes ou des apparitions très calculées. Là, je pense notamment à A l'intérieur : il<br /> suffit de se référer à la performance de Béatrice Dalle ; instinctive et sophistiquée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sans transition, je suis content de te retrouver ici et de voir que tu as finalement suivi mes "conseils". Sans doute l'idée de faire un blog te trottait déjà dans la tête depuis un moment ?<br /> <br /> <br /> <br />