MACABRE ***
3sur5 Premier long-métrage de frères réalisateurs remarqués par Brian Yuzna, le film s'annonce comme un reboot sophistiqué de Massacre à la tronçonneuse, dépouillé de toutes références sociales. Macabre s'inscrit dans cette tradition tout en cultivant autant le glauque que l'hémoglobine, comme pour faire la synthèse des tics du survival et des audaces du torture porn.
Pas de surprise donc : de jeunes adultes disposant d'un surplus de maturité vis-à-vis de leurs homologues occidentaux partent en virée dans la campagne. Sur la route, ils recueillent Maya, une jeune fille qu'ils accompagne chez elle. Bientôt, la mère de cette dernière, ostensiblement intéressé par le bébé que porte l'une des jeunes femmes, insiste pour leur offrir l'hospitalité. Pas de surprise là encore : les hôtes multiplient les poses d'un statisme étrange et les regards ténèbreux symptômatiques des psychopathes chics.
Pourtant, le spectacle en vaut la peine. Les Mo Brothers ont compris l'intérêt de se cantonner à un huis-clos replié sur un univers hors-norme : ils élaborent ainsi le meilleur contexte qui soit dans le domaine, puisque d'un pitsch assez basique, Macabre peut dès alors allègremment se muer en festival baroque (et barbaque) sans plus avoir à chercher de prétextes tortueux. L'essentiel, c'est que ces jeunes soient prisonniers d'une normalité irréelle ou déambulent des bourreaux sensuels aux moeurs perverses.
Très raffiné, quelquefois vulgaire, toujours grand-guignol, le film est assez proche de la vague horrifique française des années 2000 (A l'intérieur, Martyrs, Haute tension) avec cette même allégeance pour les codes d'un genre contrebalancée par une méticulosité formelle et un goût du sensationnel. Macabre ne recule devant aucun cliché ni aucune excentricité, pour proposer un de ces voyages à l'exotisme morbide qui suscite davantage une curiosité amusée et distanciée qu'une épreuve morale pour leur spectateur. Les amateurs de visions chargées et de carnages emphatiques vont aimer, quand d'autres seront rebutés par ce même culte très ''bis'' du détail esthétique parfait, opéré bien sûr au détriment d'une quelconque recherche de profondeur.
Note globale : 68
Film indonésien