THE GIRL NEXT DOOR ****

Publié le par videodrome

girl next door

4sur5 Copieusement zappé en France au profit de la comédie potache homonyme, Girl Next Door est sans doute l'un des films les plus éprouvants d'une décennie marquée par l'essor du "torture porn". Film-choc baloté de festivals en festivals aux USA, il a déclenché des réactions similaires à celles occasionnées par Martyrs, Irreversible ou Hostel chez les spectateurs, alors que contrairement à ces derniers, ici tout repose sur la suggestion.

Basé sur une histoire vraie, le film se déroule dans un contexte de 50's idylliques et adopte le regard d'un jeune adolescent. Bientôt la carte postale est entachée par le comportement cynique de Ruth, sorte de sainte-patronne des jeunes du quartier et mère de plusieurs d'entre eux. Ceux-là l'adorent car chez elle tous les vices sont permis, mais en parallèle, Ruth procède par l'humiliation et la leçon de vie salace et désenchantée.

Très série B dans la forme, Girl Next Door est pourtant une claque incommensurable pour tout spectateur endurci. Partagé entre le théâtre des sanctions abusives mis en scène par une sorcière inquisitrice et la peinture d'une déchéance sinistre, le film marque autant par son sujet (l'horreur pure subit par une vilaine jeune fille aux yeux de sa tutrice névrosée), traité avec pudeur et profondeur, que par la performance de Blanche Barker.

Portant en elle les stigmates d'une féminité écorchée, son personnage retourne contre cette même féminité toutes ses haines et frustrations, en s'alignant sur les réalités sexistes qui ont émaillée sa propre expérience. Plus qu'une méchante, c'est un ogre au féminin fascinant ; c'est le monstre total, au passé suggéré et au charisme hors-norme, une autorité grotesque et castratrice et une des représentations les plus incarnées et parfaites du Mal au cinéma, tout près de l'Hannibal Lecter du Silence des Agneaux ou de l'Al Pacino de L'Associé du Diable.

 

 

Note sur 100 : 81


Film US de Gregory Wilson (2007)

Avec Blythe Auffart, Daniel Manche, Blanche Barker.

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L
<br /> <br /> Connais pas du tout, faut que je vois ce film c'est clair !<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Grand amateur de cinéma devant l'Eternel ,j'ai beaucoup apprecié vos critiques, trés bien rédigées, ce qui n'est pas un luxe sur Internet!<br /> <br /> <br /> Je continuerai donc à vous lire avec plaisir et viens de découvrir votre site.Peut etre aurons nous l'occasion un jour, d'échanger quelques points de vue cinématographiques ?j'en serai ravi en<br /> tous cas.<br /> <br /> <br /> Bonne continuation<br /> <br /> <br /> cordialement<br /> <br /> <br /> Josloren<br /> <br /> <br /> laurenzi1@voila.fr<br /> <br /> <br /> http://laurenzi-paul.fr/<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Merci pour le compliment ! Eh bien ici même nous pourrons en parler (ou chez vous, si vous aborder de temps en temps le sujet). Je ne sais pas si vous venez d'Allociné avec mon compte de<br /> "critiques" (je trouve le terme mal approprié) ou si vous êtes arrivé ici par hasard. Mais je compte bien étendre ce blog.<br /> <br /> <br /> Je vais également visiter votre blog. Merci de votre message & à bientôt j'espère !<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> <br /> Ce film est une véritable torture pour son spectateur mais une torture essentielle parce qu'il faut voir ce que l'homme peut en arriver à faire à cause de sa solitude. La fille qui fait ces<br /> horreurs est totalement dégénérée parce qu'elle vit coupée de tout seule dans son monde et radote ses délires. Le film a le mérite de montrer ou ça nous mène. Seul reproche mais ça n'a rien à<br /> voir, c'est la mise en scène qui est très plate c'est donc je suis d'accord une "série b".<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Oui, la solitude, mais aussi une certaine claustration "psychique" et le retournement contre soi des souffrances infligées par autrui. On imagine un passé violent, ou d'une banalité sordide, pour<br /> Ruth, avec de vieux oncles vociférant sur la race féminine. <br /> <br /> <br /> Evidemment, la mise en scène n'est pas "particulièrement" brillante, mais la force du sujet est telle qu'on peut bien pardonner ce détail.<br /> <br /> <br /> <br />