THE MAGIC FREAKS : DIVINE - I'M SO BEAUTIFUL °/*****
Divine est un sommet de dégueulasserie et de mauvais goût, un concept aliénant. Croisement entre Jackie Sardou et Amanda Lear, la première au naturel, version soft, la seconde prise avec option gueule de bois et côté obscur de la force, celui qui perce toujours, allégorie de la décadence à elle-seule, Divine est le contre-avatar idéal de ces temps désenchantés et consuméristes. Maaaaaaaaaaais oui, et elle s'introduit même dans la mythologie enfantine [les références appuyées à Blanche-Neige] pour en être l'invité terrible et surtout, malade. Celui qui fait rire à distance.
Cette apologie de la laideur [thème qui m'est cher, mais très équivoque, ambigu, usé et interprété souvent de façons contradictoires ou erronées] et du « je-m'assumerais-jusqu'au-bout-et-même-au-delà » répugne autant qu'elle fascine. Car il y a là-dedans un nihilisme inoui, qui n'a d'égal que la brutalité d'un discours réduisant l'humanité à néant.
Nul et génial à la fois, I'm so beautiful est le parfait reflet du personnage, son chef-d'oeuvre éthique autant qu'esthétique en quelque sorte. Tellement hideux qu'il touche à une sorte de grâce apocalyptique. C'est le clip officiel et la musique qu'on retrouvera aux Enfers, ceux de la déchéance beauf, viscéralement écoeurant et terrifiant.
Dans l'ombre de la féroce grandiloquence, il y a ce qu'on pourrait qualifier, en admettant qu'il s'agit d'une étiquette naive et trop ouverte, un état psychotique ; ou plutôt, c'est la forme que prend l'élan destructeur. Je ne sais pas si j'aime, mais je suis obsédé par ce mépris pour sa propre identité, cette condescendance, ce jeu glauque consistant à dompter une trivialité macabre en même temps que des conflits internes.
Refrain tétanisant et mine-d'or, à sa façon : à chaque vision, de nouveaux détails de cet exercice de style apparaissent : visez les 2:10, le ''while'' de 0:32... Les plus majestueux gimmicks de l'horreur.
Bientôt, l'ensemble des horreurs mises au Monde par Divine en un seul article...
Article déjà publié dans le cadre de SUMMER OF KITSCH (2010)